"Social Business" : le changement d'échelle

par Christophe Poupinel, Il y a 10 mois

Christophe Poupinel, fondateur d'Ooreka.fr et co-fondateur de Share It, membre de The Galion Project, dresse les pistes d'action pour faire infuser la thématique sociale dans les start-up.

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Si vous avez plus de 35 ans, vous avez appris à l'école que le rôle de l'entreprise est de maximiser la valeur pour l'actionnaire et que le « social » relève de l'Etat ou des associations. Le modèle ? Bill Gates qui lance Microsoft et, fortune faite, créé une fondation. Si vous êtes plus jeune, vos professeurs ont pu préférer l'histoire de ces entrepreneurs sociaux qui répondent à un problème social par un modèle économique pérenne : le « Social Business ». Ce n'est plus Goldman Sachs , symbole d'un certain capitalisme, que l'on invite à la remise des diplômes d'HEC, mais Emmanuel Faber, DG de Danone, pour qui « sans justice sociale il n'y aura pas d'économie ». Le social business a d'abord été porté par les petits, comme ces 3.300 entrepreneurs sociaux accompagnés par la fondation Ashoka depuis 35 ans, puis certains grands groupes ont emboîté le pas, comme Bel qui distribue 30 % de sa Vache qui rit à Hô-Chi-Minh-Ville via un réseau de 5.000 vendeuses de rue dont la vie a changé grâce à ce projet.

« Sans justice sociale il n'y aura pas d'économie. »
Emmanuel Faber, DG Danone.

« Un tournant historique »

Ce social business n'en est qu'à ses débuts, l'enjeu est de « changer d'échelle » comme l'écrivent Kayser et Budinich. « La combinaison de l’arrivée à maturité de l’entrepreneuriat social et la prise de conscience post-subprimes » crée ce que Drayton, fondateur d'Ashoka, appelle un « tournant historique ». Je suis convaincu que la révolution digitale peut participer à ce changement d'échelle, pour deux raisons : la techno et les hommes. Tout comme dans l'économie traditionnelle, la technologie va créer dans le social des opportunités de faire les choses différemment, moins cher, plus vite. Par ailleurs, les talents de la génération Y, en quête de sens, sont dans les starting-blocks.

Trois types d’actions peuvent accélérer ce processus :
1/ Créer ou rejoindre une start-up digitale à impact social : de nombreux projets Tech for Good se montent, à l’instar de la plateforme techno Helloasso, qui a permis à 30 000 associations de lever 50M€.
2/ Permettre aux entrepreneurs sociaux d’accéder aux talents du digital, 
 3/ Mettre du social dans le digital en montant un projet à impact social et économiquement pérenne au sein de start-up existante. 

Showroomprivé a créé ainsi avec Simplon une école destinée aux chômeurs longue durée, lui permettant de recruter ensuite ces ressources.

« Manquer un tournant historique est sans doute la plus grosse erreur que l'humanité puisse commettre », dit Drayton. 

Les acteurs du digital ont désormais la fantastique opportunité d'accélérer le Social Business, et ce sans attendre de devenir Bill Gates.


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