Worldwide Tech Situation w/ Michel Combes & Benoist Grossmann

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Michel Combes, Directeur général exécutif de SoftBank, et Benoist Grossmann, CEO Eurazeo Investment Manager, ont partagé avec les membres du Galion leur analyse de la crise et de ses conséquences spécifiques pour la Tech. Résumé d’un échange mené par Bertrand Diard (Talend).

Nous avons traversé plusieurs crises. Quelles sont les spécificités de celle-ci ?

Benoist Grossmann : C’est un retour à la normale : on retrouve un niveau de valorisation pré-Covid, après des années 2020 et 2021 exceptionnelles et des valorisations qui n’étaient plus compréhensibles fin 2021. Mais le besoin fondamental vis-à-vis de la Tech est toujours là. Il va même s’accélérer.

Michel Combes : Nous investissons dans un shift technologique : la transition digitale et technologique est un mouvement de fonds, qui va durer. Il n’y a pas de remise en cause des thèses d’investissement qu’on a financées.
Les bons projets seront toujours financés. En revanche les business models avec une consommation excessive de financement vont être remis en question. Aujourd’hui plus que jamais, « cash is king » et l’argent a cessé d’être gratuit : il faut revenir à plus de discipline pour passer les prochains 18-24 mois.

Quid du profit warning de YC Combinator ?

Benoist Grossmann : Effectivement, après des années d’argent facile et gratuit, les entreprises devront être davantage concentrées sur la profitabilité.

Michel Combes : Les entreprises soutenues par les investisseurs ont cru trop vite car tout le monde pensait que la transition irait très vite post-Covid. Or elle va bien se passer, mais pas au rythme attendu. 
Nombre d’entreprises dans lesquelles nous avons investi ont triplé leurs effectifs depuis mi- 2021, forcément au prix de multiples inefficacités. Il faut faire un arrêt sur image pour analyser la situation, les perspectives à venir, vérifier qu’on a la bonne structure et les bons metrics pour y parvenir, pour dégager son horizon à 18-24 mois.

L’impact sera-t-il plus fort sur l’early stage ou sur le late stage ?

Benoist Grossmann : Il y a une forte baisse sur toutes les valorisations. Le seed sera aussi touché, avec un impact sur le nombre de propositions d’investisseurs, le temps pour conclure un deal et la dilution. Mais ce sera un retour à la normale.

Michel Combes : Le early stage est moins touché que le late stage, qui a un besoin plus fort de visibilité.

Y a-t-il une spécificité du marché français ?

Michel Combes : Au cours des 18-24 derniers mois, la France est devenue un vrai marché porteur en termes de Tech : il est conforme aux standards internationaux, donc il n’y a pas de raison qu’il corrige plus que les autres marchés. À noter : Le M&A va jouer un rôle important d’assainissement du marché, car il y a trop d’entreprises dans certains domaines.

Quel impact sur la guerre des talents ?

Benoist Grossmann : La bataille des talents peut évoluer. Le système de rémunération des collaborateurs en start-up s’appuie sur des salaires fixes faibles, et un incentive indexé sur l’évolution de la valorisation de l’entreprise. Il sera plus difficile d’attirer des talents avec la baisse des valorisations, surtout quand les corporates recrutent aussi ces mêmes profils en leur proposant intéressement et participation.

Quid du downsizing ?

Des entrepreneurs ont regretté d’avoir réduit leur nombre de collaborateurs au début du Covid, car cela a été un frein pour répondre ensuite à l’accélération.
Michel Combes : Ce qui prime, c’est l’agilité, c’est-à-dire la capacité à s’adapter dans un environnement difficile à prévoir. Après une période d’hyper-croissance, il faut prendre le temps de réajuster la structure sur l’essentiel pour garantir son efficience et s’assurer des marges brutes positives.

Quels conseils ?

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