Gouvernance

Débrief #44 : Vivre l'hypercroissancE

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Ce fut l’objet de nombreux échanges pendant les Breaks au Portugal et à Jericoacoara : comment gérer la charge mentale liée à la fonction de dirigeant d’une société en hypercroissance ? Comment équilibrer sa vie pro et perso pour être performant et énergique au quotidien ? Où trouver des moments de respiration ? Quelles sont les conditions de mon bonheur ? (oui, on parle aussi philo sur les Breaks).

Pour rappel, la charge mentale c’est le poids généralement porté par les femmes dans un foyer pour penser et organiser tout le quotidien. Par extension, ce concept a été adapté aux entrepreneurs qui sont responsables de l’organisation et du développement de l’entreprise. 

Les entrepreneurs doivent en permanence penser à une multitude de choses ce qui peut causer différents problèmes : surcharge du cerveau, stress, difficultés à prioriser, dégradation de la vie personnelle, insomnie, manque d’efficacité voire burn out. Un bon équilibre et une gestion organisée de sa vie permettent à l’entrepreneur d’éviter toutes ces conséquences néfastes. Il a d’ailleurs été rappelé à plusieurs reprises qu’ “En tant que CEO c’est mon devoir d’être bien, d’avoir de l’énergie et d’en donner”.  Récap de toutes les bonnes pratiques concernant ce sujet crucial :

1. Dans le domaine professionnel

• Prendre du recul, relativiser pour réduire le stress

Les problèmes font partie du quotidien. Pour ne pas se laisser submerger par le stress, une recommandation est de toujours se demander combien de personnes vous connaissez qui ont des boîtes 10, 100, 1000 fois plus grosses ? Quelques milliers probablement.

• Prendre de la distance

Ce n’est qu’un jeu et le communiquer aux équipes est essentiel : ta vie n’est pas en jeu. Prendre également de la distance entre sa réussite et celle de sa boîte car la réussite professionnelle n’est que la façade de la réussite d’une vie.

Se dérisquer

Faire un cash out rapidement pour ne plus être dans une position de survie. L’instinct de survie génère de l’angoisse et peut mener à la mort de la boîte.

Déléguer en recrutant les bonnes personnes (meilleures que soi) et lâcher prise. 

Libérer du temps pour avoir une vie structurée et atteindre un niveau de stress tolérable.

Ecrire les choses pour libérer l’esprit, faire des to do, écrire ce qui nous passe par la tête. Cela permet de démêler des nœuds au cerveau. 

Avoir une approche rationalisée : comprendre, évaluer le risque, lister, classer,  mettre en place un plan d’action puis contrôler.

Le CEO supporte la charge interne (collaborateur) et externe (actionnaire). Il est donc essentiel de ne pas avoir un agenda surchargé. Pour cela, il faut pouvoir dire non.

Avoir une routine hebdo

Le cerveau peut prendre jusqu’à 100 décisions par jour : il est donc important d’avoir une routine pour optimiser les prises de décisions non indispensables (cf. s’habiller pareil tous les jours, tout le monde n’est pas d’accord sur ce point :)).

• Avoir un coach

2. Dans le domaine perso

Avoir un exutoire : avoir une routine la semaine et casser le rythme le week-end, s’aérer l’esprit.

• Avoir une routine familiale/amicale en parallèle de l’organisation pro

• Faire des activités qui demandent une concentration absolue : faire de la musique, voyager, cuisiner, lire, se cultiver, jouer aux jeux vidéo, faire du sport pour évacuer et se vider la tête.

Avoir une alimentation équilibrée (comme éviter la viande en semaine car la digestion demande énormément d’énergie).

• Essayer de couper son téléphone le soir sauf quand on travaille avec les US : si on a une mauvaise nouvelle avant de se coucher, on va mal dormir sans pouvoir agir, si on a une bonne nouvelle, autant l’avoir au réveil. 

Méditer : l’être humain a une capacité de résistance au stress limitée. La méditation permet de développer cette capacité à absorber les nouvelles telles qu’elles sont. 

• Apprendre à apprécier tous les petits instants de la vie : les événements négatifs affectent moins après.

• Se connaître

Savoir ce qui est important pour moi et ce pour quoi je me bats réellement. Se poser la question de savoir quels sont les 5 à 10 sujets importants pour moi. En fonction de la réponse, je peut trouver la bonne organisation pour passer du temps sur tous ces sujets et réaliser que ma boîte n’est qu’un sujet parmi d’autres.

D’un point de vue plus global, la vie pro et perso  sont vos deux jambes et elles doivent être bien musclées car quand l’une flanche, c’est l’autre qui prend le relais.  Les deux forment un tout qui ne sont pas indissociables : ce sont des vases communicants. 

En avoir conscience est une chose, réussir à atteindre cet équilibre en est une autre. En effet, l’entrepreneur est par essence biaisé dans son projet qui suit une démarche égoïste. Si je crée ma boîte à cet instant précis, ce n’est pas pour ma famille, mes enfants ou mes amis : c’est pour moi. Et il s’agit d’un projet tellement fort et important qu’il prendra pendant quelques temps le pas sur tout le reste. Raison pour laquelle les entrepreneurs présents au Portugal s’accordent à dire qu’ils ont “brûlé” leur première décennie en se consacrant majoritairement à leur projet. C’est à l’aube de la trentaine, quand les premiers coups durs perso apparaissent (perte de parents/amis) et que les aspirations à fonder une famille se font plus grandes qu’une prise de conscience opère et que l’on commence à s’interroger sur les conditions réelles de notre bonheur. 

Par :
  • Margot COURTY

    The Galion Project

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  • Équipe et organisation