Halte aux entreprises libérées, réhabilitons le manager !

par Geoffroy Guigou, Il y a 5 mois

Plutôt que d'enterrer une fonction peu populaire au sein des start-up, il vaut mieux en redéfinir les contours.

La définition du management la plus répandue reste « la subordination entre un supérieur et ses subordonnés ». C'est là une triste et désuète définition. Et pourtant, ce mode de gouvernance est encore bien présent !

Même dans nos start-up en hyper-croissance, il est naturel de nommer Managers les « sachants ». C'est-à-dire ceux qui maîtrisent techniquement le métier, souvent grâce à leur ancienneté. Les dirigeants des start-up demandent aux « sachants » de superviser des juniors, qui reproduiront à l'identique les missions qu'ils ont eux-mêmes réalisées.

La recette d'un bon manager pour rendre un salarié heureux est pourtant simple : donner du sens, laisser de l'autonomie, développer les compétences. Ces trois piliers contribuent à épanouir professionnellement un collaborateur et à le fidéliser.

Le Manager n'est alors plus le « sachant » mais le « facilitateur », celui qui créé les conditions pour que le collaborateur réalise son travail efficacement, en s'épanouissant.

Formaliser les grands principes

Ce changement de paradigme nous a paru si important que les fondateurs et les 30 managers de Younited Credit ont décidé de formaliser ensemble une « Charte du manager », précisant dix principes pour devenir un Manager facilitateur. L'ensemble des processus de ressources humaines concernant les managers (recrutement, formation, évaluation) ont été réorganisés autour de cette Charte.

Un bon Manager doit donner du sens au travail, en expliquant régulièrement la mission de toute l'entreprise. Un bon Manager doit connaitre les souhaits de développements à 6, 12 et 24 mois de chaque personne de son équipe. Il ne doit pas avoir peur de recruter des collaborateurs meilleurs que lui techniquement. Un bon manager doit assumer toutes les erreurs de son équipe, sans s'en attribuer les réussites.

Le Manager doit cesser d'être un « sachant » pour devenir un « facilitateur ». Son rôle, central pour le développement de l'entreprise, sera alors réhabilité… à l'encontre de ce que préconisent les théories d'entreprises libérées.

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