IPO: gérer une startup introduite en bourse selon Jean-Baptiste Rudelle

par JB Rudelle

Il y a 4 mois


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Au-delà de la consécration et de l'emballement médiatique, l'introduction en Bourse ne doit pas faire perdre de vue l'importance de gérer l'entreprise sur le long terme. Explications de Jean-Baptiste Rudelle, cofondateur de Criteo et président de The Galion Project.

Pour l'entrepreneur qui monte sa start-up, l'IPO (« initial public offering » ou introduction en Bourse) semble une sorte de mythe inatteignable, tellement cela paraît éloigné des préoccupations du jeune créateur. Pourtant, une fois atteinte la très excitante phase d'hypercroissance de la société à laquelle aspire toute start-up, la question se pose réellement : faut-il envisager une introduction en Bourse ?

Les raisons de faire une IPO ne manquent pas : faciliter les levées de fonds, crédibiliser sa société, offrir une liquidité pour les investisseurs historiques... L'IPO est souvent perçue comme une forme de consécration indépassable. En fait, il faut avoir bien conscience qu'une IPO est juste le début d'une toute nouvelle histoire.

Pour que l'ivresse médiatique de l'IPO ne se transforme pas en épouvantable gueule de bois, il est bon se livrer en amont à un exercice d'introspection. En effet, toutes les start-up ne sont pas compatibles avec ce mécanisme. Non seulement il faut que, au moment de l'introduction en Bourse, la société possède encore une grosse réserve de croissance future, mais le modèle économique doit être suffisamment prédictible d'un trimestre à l'autre. Quelle que soit la belle vision, il faut avant tout « faire ses chiffres ». La tolérance du marché à l'erreur est très faible, en particulier sur la Bourse américaine. Même en exécutant son plan comme une horloge, il peut être parfois frustrant pour le dirigeant de constater que, à court terme, son cours de Bourse n'est pas toujours parfaitement corrélé avec ses résultats financiers, aussi bons soient-ils.

Cela dit, ces oscillations du marché qui paraissent quasi aléatoires ont un effet paradoxal plutôt positif : il est totalement vain d'essayer de gérer son entreprise au quotidien le nez sur son cours de Bourse. Puisque le court terme boursier est par nature imprévisible, mieux vaut se concentrer sur le long terme. Tôt ou tard, la valeur créée finira nécessairement par être reconnue par le marché.

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